Cyrièle Kiening, responsable des communications à la CCFCQ pendant plus de deux ans, nous donne sa vision de la communication en France et au Québec.
- Française expatriée au Québec depuis presque 3 ans, vous travaillez dans le domaine de la communication. Pouvez-vous nous résumer votre parcours en France et au Québec ?
J’ai décroché mon premier emploi en tant que chargée de projet pour la Ligue de l’enseignement (anciennement Fédération des œuvres laïques). J’étais essentiellement chargée d’organiser et de faire la promotion médiatique de l’assemblée générale annuelle regroupant toutes les Ligues de la métropole française et d’outre-mer (environ 500 personnes), j’ai été chargée de communication pour la communauté d’agglomération dijonnaise, chargée de projet marketing pour une compagnie de soutien scolaire et j’ai enchaîné des contrats déterminés dans l’évènementiel. Enfin, je suis arrivée à la CCFCQ comme responsable des communications.
- Avez-vous noté des différences entre la France et le Québec dans la manière de communiquer, dans les relations avec la presse, etc ?
La France et le Québec ont des cultures différentes, la manière de communiquer l’est tout autant. Une adaptation constante est nécessaire, tant sur le plan des moyens de communication, des relations avec les graphistes, et des relations presse.
Je trouve que le Québec formalise moins les échanges professionnels. Beaucoup d’accords sont passés oralement avec une poignée de main. C’est pour cette même raison que l’aspect administratif est plus léger qu’en France, le processus de décision est beaucoup plus rapide. Si on analyse cet état de fait d’un point de vu organisationnel, on remarque que la structure hiérarchique d’une entreprise québécoise est différente d’une structure française. En France nous avons une hiérarchie pyramidale alors qu’au Québec la hiérarchie est matricielle (accès sur l’expertise et non pas sur le pouvoir). Parler au directeur général ou au président d’une entreprise ne prend pas une semaine au Québec ! De ce principe découle une dynamique dans les processus de communications qui est très différente, car au Québec ce n’est pas seulement dans les rapports hiérarchiques que la facilité d’échange est présente, tout ce qui a trait aux relations interpersonnelles est plus aisé.
Prenons l’exemple du tutoiement. Au Québec le tutoiement est une pratique très courante. La proximité des relations commencent par le tutoiement, ce qui conduit à une facilité d’échange.
Les relations d’Affaires se font également beaucoup par le réseautage (5 à 7 notamment) cette pratique n’est pas très courante en France.
- Quelle importance accordez-vous à l’utilisation du web 2.0 (réseaux sociaux, blogs, etc.) dans votre stratégie de communication ?
La communication est un domaine en évolution constante. Le Web a créé de nouvelles façons de faire des affaires et de communiquer. On rencontre des partenaires d’affaires, on négocie et on signe des contrats via le net. Ce n’est plus une option facultative que de faire du marketing ou de la communication via le web mais c’est un aspect que les entreprises et les personnes travaillant dans la communication ont grand intérêt à maîtriser pour demeurer compétitives. C’est un fait, 2009 est née sous le signe des réseaux sociaux et pour moi il est primordial de profiter de cette vague pour développer une stratégie innovante.
La stratégie web 2.0 qui a été mise en place à la CCFCQ répondait à 3 objectifs principaux : l’accroissement de notre visibilité, la revalorisation de l’image de la Chambre et le recrutement de nouveaux membres.
De beaux résultats ont vu le jour après l’application de cette stratégie mais il manque encore une petite année de recul pour voir clairement les résultats.
Vous êtes arrivée à la CCFCQ en avril 2008 en tant que stagiaire, vous avez ensuite obtenu le poste de responsable des communications. L’esprit de convivialité qui règne autour de la Chambre vous a-t-il facilité la tache ?
Après avoir passé plus de 3 mois à la Chambre de commerce française il n’a pas été difficile pour moi de saisir l’opportunité qui m’était proposé de travailler à temps plein en tant que responsable des communications. Il est vrai que j’ai dû faire des concessions pour quitter la France, notamment arrêter mes études et demeurer loin de ma famille, mais je ne regrette absolument rien. La qualité de travail dans laquelle j’ai évolué vaut toutes les concessions. La Chambre est en évolution, de beaux projets voient le jour depuis l’arrivée de Serge Duclos et de nouveaux administrateurs. J’ai été heureuse de faire partie d’une équipe aussi dynamique. Les membres investis dans les comités de travail et d’organisation d’évènements sont des perles rares qui méritent toute notre attention. Ils sont toujours présents car ils croient en la Chambre, et ça fait toute la différence.
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