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Novembre 2009

L'intégration d'un immigrant vu par Jérôme Dumont DG de l'ENDI

Jérôme Dumont, Directeur de l’école nationale en divertissement interactif est arrivé au Québec en avril 2006. Diplômé en droit et avocat de formation il a su relever le défi de l’intégration immigrante à Québec.

Quelles sont les raisons pour lesquelles vous vous êtes installé au Québec avec votre femme et vos deux enfants ?

Je trouvais que le climat social français s’était dégradé. Le désir de partir était un projet mûrement réfléchi. C’était une volonté de ma femme et moi de vouloir offrir à nos enfants la chance de grandir dans un environnement serein, avec moins de violence notamment. Le Québec correspond tout à fait à nos attentes en ces termes. De plus, ma femme et moi avions le goût de l’aventure et envie d’avoir des Noël blancs… !

Pouvez vous nous dire comment s’est déroulée votre procédure d’installation ?

Nous avons effectué deux voyages exploratoires : notamment pour nous trouver une maison avant notre arrivée.
Bien entendu, pendant ce temps, nous avions fait notre demande de résidence permanente. Nous avions le temps et nous avons été très réactif. Notre motivation a fait ses preuves dans la préparation administrative des démarches de résidence permanente. En 10 mois nous avons eu les papiers nécessaires pour nous installer.

Une fois arrivé à Québec comment avez vous trouvé vos repères, quelles ont été vos difficultés et quels organismes vous ont aidé ?

Lorsque nous sommes arrivés à Québec nous avons été très bien orienté par les organismes visant à faciliter l’intégration des immigrants. Aussi, nous avons suivi les réunions d’informations du Ministère de l’Immigration et des Communautés Culturelles (MICC). Le Service d’Orientation et d’Intégration des Immigrants au Travail (SOIIT) nous a également aidé à nous familiariser avec le marché du travail et la culture Québécoise et c’est en grande partie grâce à cet organisme que j’ai décroché mon premier emploi

Par après, j’ai choisi de repasser le barreau à Québec. Il m’a fallu le préparer durant 3 mois. Je dois dire que nous français avons des facilités puisque notre système de droit ne diffère pas énormément du droit Québécois contrairement à d’autres pays, ou simplement d’autres provinces comme l’Ontario, mais cela a tout de même demandé beaucoup de travail !

On peut dire que j’ai trouvé assez facilement du travail, mais pour moi, le milieu de l’entreprise c’était une découverte : je n’avais jamais été salarié, mais toujours profession libérale.

J’ai également beaucoup appris au niveau des relations inter-professionnelles. :Ici, elles sont beaucoup plus transversales qu’en France, le principe de hiérarchie n’est pas considéré de la même manière. Les dirigeants d’entreprises sont plus accessibles.

Pourquoi selon vous avez-vous rencontré des problèmes d’intégration dans votre parcours ?

J’ai ressenti des problèmes d’intégration tant que je n’avais pas trouvé ce qui me plaisait d’un point de vue professionnel. Je ne me sentais pas épanoui dans mes emplois successifs comme je le suis actuellement. Dans ces moments-là, on se sent effectivement moins bien intégré.

Vous êtes actuellement directeur à L’ENDI, pourquoi vous êtes vous réorienté et Comment avez-vous réussi ?

J’étais passionné par les jeux vidéos depuis des années, domaine que j’ai toujours trouvé plus palpitant que le droit… !
Mes dernières expériences en matière juridique m’ont convaincu que je souhaitais tourner la page de cette carrière.
Avec de l’audace, beaucoup d’enthousiasme et une pincée de chance, j’ai eu la chance de rentrer comme en tant que producteur exécutif à l’école nationale.
Lorsque le directeur général, dont le mandat était le démarrage de l’école, est parti relever d’autres défis, j’ai postulé à son poste et passé au travers de la totalité du processus de sélection ; ma motivation et mon expérience du terrain ont su convaincre les personnes en charge du recrutement et le conseil d’administration ; par ailleurs, les compétences acquises lors de ma carrière précédente ont trouvé à se réutiliser en quasi-totalité.

Vous semblez avoir eu une intégration plutôt facile. Vous avez utilisé votre passion pour vous épanouir et enfin vous intégrer plus facilement.

Il y a eu des moments difficiles, des moments de doute, mais jamais de renoncement.
Réorienter ma carrière d’avocat vers l’industrie du jeu vidéo, tant en production qu’en direction était un énorme défi, qui aurait été beaucoup plus difficile voire impossible à réaliser en France ; mais c’est certain que ça a pris une bonne dose de passion, et ça, ça transparait.

Quels seraient les conseils culturels que vous pourriez donner à une personne qui vient s’installer à Québec ?

Tout d’abord, en ce qui concerne les français il faut bien se dire que les francophones n’ont pas spécialement plus de facilités à s’intégrer que d’autres immigrants. On pourrait penser que la langue facilite l’intégration mais ce n’est pas –totalement - exact.
La culture d’ici est différente de celle qu’on a pu connaître en France, et ça, il est indispensable de bien le comprendre et de le respecter ; il faut donc, je pense, arriver avec un regard le plus neutre possible, ainsi qu’une soif de découverte et une attitude positive.
On dit souvent que les québécois sont des « nord-américains parlant français » ; je pense que c’est une bonne image, et que la culture québécoise est teintée de différentes influences.
Il faut également éviter de comparer sans cesse votre culture ou vos références et fuir comme la peste toute attitude de supériorité. Toutes vos remarques devront être faites avec respect et tact.

Quels seraient vos conseils d’un point de vu professionnel ?

- Je conseille surtout de faire des activités de réseautage possibles : bénévolat, événements culturels ou professionnels, ainsi que, si vous êtes en emploi, les 5 à 7. Ce sont des rencontres informelles après le travail durant lesquelles vous pouvez faire des rencontres de personnes qui seront susceptibles de relayer votre recherche d’emploi auprès d’autres personnes influentes : réseautez, réseautez, il en restera toujours quelque chose ! Attention toutefois à ne pas devenir trop insistant… !

-  Il faut savoir vous vendre, ne pas hésiter à vous déplacer en personne, apportez votre Curriculum Vitae en personne – et votre plus beau sourire - dans les entreprises qui vous intéressent, même si aucune offre d’emploi n’a été émise.

-  Bien connaître l’entreprise pour laquelle vous postulé. Faire des recherches pour savoir à qui et de quoi vous parlez et rentrer en interaction directe avec votre interlocuteur.

-  Le marché du travail est plus ouvert et plus accessible ici. Si vous êtes un chercheur d’emploi pro-actif vous trouverez du travail très facilement et très rapidement.

-  Dans votre CV, je conseille également de quantifier vos réalisations : il est plus parlant et frappant pour un recruteur de lire que vous avez réussi à accroître la productivité d’un service de 30% plutôt que de lire que vous avez « bonifié » le processus de production, par exemple.

-  Rester soi-même. Il ne servira à rien au Québec de vous vanter, ou en rajouter sur vos expériences ou sur votre ancien statut dans votre entreprise. Les Québécois recherchent avant tout la sincérité.

-  Enfin, ne pas hésiter à travailler dans des domaines différents, sous-qualifiés par rapport à votre expérience ; ça peut vous ouvrir des portes insoupçonnées et vous permettre de déboucher sur l’Emploi que vous voulez.

 


Cyrièle Kiening
Responsable des communications

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